Un visage et des mains. Et dans le regard un feu intérieur dont les yeux traduisent l'intensité de la vie dont il s'alimente. Il est habité et il voit. Il voit dans la ferraille des choses que nous ne connaissons pas encore mais que ses gestes d'alchimiste vont tirer de l'oubli. Avec Antoine de Peretti la sculpture n'est pas l'art de donner des formes à l'espace mais celui de les arracher au temps. On l'imagine en héritier de Vulcain et des premiers hommes qui peuplèrent ces montagnes de l'Alta Rocca où il se sent chez lui. Métallurgiste moderne empruntant à la terre les secrets d'un savoir faire originel dont il nous livre les émotions brutes sans que les mots s'interposent. La beauté d'un boulon, la courbe gracile d'une bielle, la forme inachevée d'une pièce de métal, le génie concentré d'un pignon ou d'une roue, tout lui parle. Il cueille, récupère, caresse, tord, plie, polie et juxtapose, soude dans des jets d'étincelles des rebuts d'industrie auxquels il redonne vie, une autre vie, avant de livrer ses œuvres à la patine de la rouille et du temps. Il est sculpteur comme le laissent imaginer au premier regard son visage et ses mains. Humble devant la matière et libre de toute contrainte dans sa recherche du beau.

Texte issu du journal www.lecyrnaute.com


Antoine DE PERETTI