Venez les 2 et 3 juin au colloque sur l'insularité !

Pendant des années j'ai parcouru hors de Corse des lieux plus ou moins lointains. Pour certains connus, où il n'était question que de retour, pour d'autres inconnus, ils n'étaient que découvertes. J'éprouvais à chaque fois, au bout de quelques jours et par instants, une sorte de mélancolie, de mal-être, de mal-vivre. Je ne savais pas pourquoi ce sentiment diffus m'envahissait, je n'en connaissais pas la cause. Conscient uniquement des symptômes, cette souffrance devint évidente après la lecture du texte de Jean Toussaint DESANTI « Effacer la mer ». Je compris ainsi quel était le mal dont je souffrais : « l'ubiquité symbolique ». Connaître sa peine, l'identifier, pouvoir la nommer rassure. Maintenant dès que je la vois poindre, je me dis voilà, c'est l'ubiquité symbolique qui me reprend… (rire). Je me suis demandé s'il s'agissait d'un fantasme personnel, d'un jeu psychologique avec moi-même, aussi je me suis mis à envoyer ce texte à plusieurs personnes de mon entourage pour demander leur avis.
À chaque fois, leurs réactions furent chargées d'émotivité, et de sensibilité. Je fus convaincu de l'importance de cet écrit. Il fallait le faire connaître. L'envie de confronter les réactions d'autres îliens me donna le désir de créer une collection, des essais, de les proposer à des femmes particulièrement pour la nouveauté et la sensibilité de leurs regards, particulièrement après la lecture du livre de Fatou DIOME « Le ventre de l'atlantique ».
Alors, « Effacer la mer », était-ce possible ?
« Terres de Femmes » me sembla alors un titre porteur, pensant bien entendu à Terres des hommes, c'est prétentieux je sais, mais pourquoi ne pas avoir de l'ambition…
J'en parlai à une amie de grande qualité, dont l'avis, la force d'analyse, me semblaient indispensables pour mener à bien ce projet. Voilà pourquoi je lui proposai d'ouvrir la collection. Cynthia me conseilla, elle me demanda pourquoi ne pas transformer ce projet en colloque ? Je trouvai l'idée judicieuse et plus facile à réaliser. Elle permettait en outre d'ouvrir très largement la réflexion et de multiplier les « voies ». Le chemin venait d'être ouvert, et je l'empruntai. Nous étions, elle et moi, face au pont du Châtelet à Paris, proche de l'île de la Cité. Je tenais dans la main mon projet, libellé en quelques lignes griffonnées sur un carnet, heureux comme un gamin qui vient de se voir remettre un prix. Une heure plus tard, j'avais rendez-vous avec Oumy . Elle fut la première à accepter de me rejoindre dans cette aventure…

« Îles. Expression de l'imaginaire »
est dorénavant le titre de ce colloque.


2005

 

Pierre-Paul BATTESTI